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Et si l’économie américaine résistait ? Macroscope 

 septembre 6, 2022

By  Laurie Cardile

Et si l'économie américaine résistait ?

« Même si l’économie entre en récession, nous devons faire baisser l’inflation. » Difficile d’être plus clair que cette déclaration de Loretta Mester, Présidente de la Fed de Cleveland. Dans des mots plus pesés, Jerome Powell, Président de la Réserve fédérale américaine (Fed), n’avait pas dit autre chose lors du symposium des banques centrales à Jackson Hole fin août. Un avertissement qui, après une euphorie exagérée pendant l’été, a rappelé aux marchés une réalité déplaisante : les banques centrales ne seront plus un soutien, et ce pour longtemps. Cette nouvelle donne est lourde de conséquences, tant les investisseurs se sont habitués depuis plus d’une décennie à ce que les grands argentiers du monde viennent à leur secours à la moindre faiblesse. Pour autant, malgré l’importance de son impact, la politique monétaire n’est pas le seul déterminant des marchés. Les dynamiques économiques en constituent un autre que l’on aurait tort de négliger. Et sur ce front, les perspectives ne sont peut-être pas si noires, en particulier aux Etats-Unis.

Prenons tout d’abord l’inflation. Au-delà des chiffres mensuels, force est de constater que de nombreux éléments pointent vers une décrue progressive des tensions inflationnistes. Du côté des transports, forts contributeurs à l’inflation au printemps 2021, nous constatons un recul continu du coût des véhicules d’occasion ainsi qu’une reconstitution des stocks de véhicules neufs, ce qui devrait permettre de stabiliser les prix. Plus globalement, le désengorgement progressif des goulets d’étranglement qui ont perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales ces derniers trimestres devrait contribuer à apaiser les tensions sur les prix des biens de consommation. Côté immobilier, principal contributeur à l’inflation ces derniers mois, la tendance est également à la modération. La demande chute, tant du côté des transactions que des demandes de financement, tandis que les stocks se reconstituent. Cette situation ne peut se traduire que par le recul de l’inflation immobilière dans les prochains mois. Enfin, le fort renforcement du dollar contre la plupart des devises permettra une désinflation des produits importés.

Ces perspectives baissières sur l’inflation constituent de bonnes nouvelles pour les acteurs économiques. Elles s’accompagnent néanmoins d’éléments moins positifs, en particulier la consommation qui marque le pas, des risques de surstockage qui émergent et un effet richesse négatif induit par la baisse prochaine des prix immobiliers. L’économie américaine dispose toutefois aujourd’hui de plusieurs filets de sécurité. Tout d’abord, les ménages commencent tout juste à puiser dans les très importantes réserves d’épargne accumulées pendant la crise Covid. Ensuite, familles comme entreprises ne présentent globalement pas d’excès d’endettement et la profitabilité des entreprises s’est maintenue pour l’heure à un niveau élevé. Enfin, le marché du travail demeure très solide. Les demandes d’allocation chômage augmentent très modérément et les nouvelles demandes diminuent même depuis quelques semaines. Le nombre de postes ouverts reste élevé comparativement au nombre de demandeurs d’emplois et les créations de postes restent solides, avec plus de 300 000 emplois créés en août.

Si le chemin reste étroit, les données économiques permettent pour l’heure de cultiver l’espoir d’un "atterrissage en douceur". Autrement dit, un scénario où la Fed poursuivrait jusqu’au bout son resserrement monétaire sans provoquer un ralentissement de l’économie américaine plus marqué que celui observé ces derniers mois. Un contexte qui serait idéal pour permettre aux marchés actions de retrouver de l’allant sur des fondamentaux sains.

Rédaction achevée le 02.09.2022
Enguerrand Artaz, Fund Manager

Telex

L’activité plie mais ne rompt pas : l’ISM manufacturier est ressorti au-dessus des attentes au mois d’août, l’activité dans l’industrie américaine restant en expansion au même rythme que le mois précédent, alors qu’un ralentissement était anticipé. Cela est notamment dû au retour de la croissance des nouvelles commandes et de l’emploi, après plusieurs mois de baisse. Le point le plus notable est sans doute le fort ralentissement, pour le 2ème mois consécutif, de l’inflation des prix payés : elle atteint son plus bas niveau depuis juin 2020 et connaît sa plus forte baisse en 2 mois depuis novembre 2008. Tout n’est pas rose toutefois dans ce rapport de l’ISM sur l’activité manufacturière, qui souligne que la demande tend à se réduire, que la production stagne et qu’apparaît un risque grandissant de surstockage.

Vers de nouveaux sommets : les prix à la consommation ont augmenté légèrement plus que prévu en zone euro en août, portant l’inflation à 9,1% contre 9,0% anticipé, le plus haut niveau depuis octobre 1982. Si les prix de l’énergie sont stables sur le mois, ce n’est pas le cas de ceux de d’alimentation, qui augmentent de 1%, ni de ceux des biens et services. L’indice des prix "cœur" progresse ainsi de 0,5% sur le mois et l’inflation sous-jacente atteint 4,3%, contre 4,0% en juillet. Dans le détail, on note que les prix des biens (hors énergie) progressent nettement plus que ceux des services.

Casse-tête chinois : à l’inverse des chiffres officiels parus la veille, le PMI manufacturier mesuré par S&P/Caixin ressort sous les attentes en août, une baisse plus forte que prévu, marquant un retour d'activité en zone de contraction, après deux mois de timide expansion. L’emploi continue de se dégrader à un rythme moins fort qu’en juillet. En revanche, la demande, domestique ou à l’export, chute. La production continue d’augmenter à un rythme faible et nous n’observons pas de tensions du côté des prix ou des délais de livraison. En revanche, à l’instar de ce que l’on constate dans les PMI officiels, l’optimisme sur les perspectives reste solide.

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Laurie Cardile


Philippe Agnelli

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